Du Sahara aux médinas
En octobre 2025, nous décidons de poser nos valises à Hammamet. Envie de soleil, de plage, de couscous au poisson, de pâtisseries orientales, de dépaysement culturel…
Pourtant, lorsque nous parlons de notre destination, les avis sont mitigés voire mauvais. La Tunisie, depuis la révolution, jouit d’une mauvaise réputation qui est pourtant à revoir. Quant à Hammamet, elle est considérée comme une ville surfaite.
Mais vous allez voir… mon avis est bien différent !

Première bonne surprise : la météo est de notre côté ! La température ne descend pas en dessous de 24 degrés (et avoisine plutôt les 30) et l’eau est vraiment bonne. Nous pouvons nous baigner et barboter pendant des heures sans risquer l’hypothermie.
A peine arrivés à Hammamet, nous partons pour une excursion de deux jours dans le désert.
El Jem

El Jem, situé à environ deux heures de route d’Hammamet, se trouve aux portes de la région du Sahel.
La ville est surtout connue pour son amphithéâtre et c’est d’ailleurs le seul arrêt que nous ferons à El Jem. Tout se visite dans ce petit Colisée tunisien, aussi bien la partie gradins que la partie souterraine. Il est véritablement bien conservé et sa visite est une nouvelle preuve de l’étendue de l’empire romain. Attention néanmoins, rien n’est écrit sur place. Nous avions un guide qui nous a fait la visite des lieux en la parsemant d’anecdotes.
Bon à savoir :
- Tous les étés se tient le festival international de musique symphonique d’El Jem.
- Il parait que l’amphithéâtre révèle toute sa beauté au moment du coucher de soleil.

Matmata
Après El Jem, nous partons à la rencontre d’une curiosité architecturale qui m’intrigue beaucoup : les maisons troglodytes !

Ces habitations existent depuis plus de 1 000 ans. Et au delà d’avoir servi de décor pour le film Star Wars, elles ont été construites par les Berbères pour se protéger des envahisseurs et des fortes chaleurs. Aujourd’hui, elles sont de moins en moins habitées.
Nous avons tout de même eu la chance d’en visiter une, grâce au guide qui nous accompagnait. (La maîtresse de maison nous a d’ailleurs accueilli avec du pain trempé dans un mélange d’huile d’olive et de miel que je vous conseille).
Douz
En fin de journée, nous atteignons la ville de Douz. Nous enfourchons des quad et allons arpenter le désert…

Tataouine
Le lendemain matin, nous assistons au lever du soleil sur le désert de sel et nous reprenons la route.
Là où nous allons, notre bus ne peut pas s’aventurer. Alors nous l’échangeons contre un 4×4, et nous nous enfonçons un peu plus dans le Sahara. Notre chauffeur fait des folies. Il enclenche la musique underground et nous fait prendre des descentes à pic dans les dunes… On a adoré.

Nous roulons de longues minutes, si bien que je comprends tout le sens de l’expression « aller à Tataouine »… Et oui ! Nous arrivons, au milieu du désert, dans le décor qui a servi pour Star Wars. Bien qu’un peu délabré, il fait son petit effet.

Tozeur
Notre périple se poursuit dans l’oasis de Tozeur. Sur notre chemin, des palmiers à perte de vue rendent l’horizon magnifique.

Nous nous arrêtons pour découvrir une plantation de dattiers. Notre guide prend le temps de nous expliquer la particularité de cette culture. A notre grand bonheur gustatif, nous découvrons même le jus de palmier.

Nous partons à la découverte d’un autre versant de la ville : la médina. Les ruelles étroites semblent avoir emprunté leurs couleurs au désert saharien. Nous profitons de la vue au sommet du Café Berbère. Et grâce à un combo incroyable, nous retrouvons toute notre énergie : thé à la menthe et amandes grillées.

Kairouan
Sur le retour vers Hammamet, nous faisons un dernier arrêt express : Kairouan. La mosquée de la ville est réputée pour être l’un des plus beaux monuments islamiques. Les non-musulmans sont autorisés à rentrer dans la grande cour pour admirer le monument de l’intérieur.

Kairouan est aussi connu pour ses makrouds (délicieux petits losange de semoule farcis aux dattes et parfumés à la fleur d’oranger) et pour ses tapis. Alors, pour allier l’utile à l’agréable (ou l’agréable à l’agréable) nous rencontrons un artisan qui tout en nous offrant du thé et des pâtisseries, nous présente ses centaines de tapis. Il y en a des doux, des rêches, des immenses, des minuscules, et certains même changent de couleur ! Mais faute de budget et certainement faute de goût de notre part, nous ne craquons pas.
Hammamet
De retour à Hammamet, nous décidons de passer quelques jours sans excursion lointaine, pour découvrir cette ville qui attise notre curiosité.
Nous comprenons vite que si beaucoup de touristes sont déçus par la médina d’Hammamet, c’est parce qu’ils se rendent dans la « mauvaise »…
Yasmine Hammamet
La médina de Yasmine Hammamet (la Medina Mediterranea) est en fait une reconstitution de médina traditionnelle, mais optimisée pour le tourisme. Alors évidemment, ceux qui sont en quête d’authenticité n’y trouvent pas leur compte, et on les comprend.
Néanmoins nous savions à quoi nous attendre avant de nous y rendre, et nous y sommes allés pour une activité précise. Nous avons profité d’un dîner-spectacle des Mille et Une Nuits au Show Sheherazed, ce qui était une agréable soirée.

La vraie, belle et authentique médina de Hammamet
Si vous ne voulez pas vous tromper de médina, cherchez celle qui se situe à côté du Fort, et là vous en prendrez plein les yeux. La médina fait face à la mer. Les maisons blanches contrastent avec leurs portes aux couleurs vives.

A vous de trouver la bonne affaire ! Attention en revanche car lorsque nous y étions, les stands fermaient tôt. Je vous conseille par ailleurs la librairie « Mot à Mot », à quelques pas de la médina, qui nous a permis de prolonger nos moments lecture au soleil.

En fin de journée, nous avons profité du coucher de soleil en bord de mer. Et puisque nous ne pouvions nous résoudre à quitter cette vue, nous avons choisi des lieux où nous pourrions encore en profiter. Tout d’abord, nous sommes allés prendre un thé aux pignons de pin sur le toit-terrasse du resto-café « Berber ». Puis nous avons dîné au Barberousse, un endroit dont la réputation n’est plus à faire.

Tunis
Il était difficilement envisageable d’aller en Tunisie sans visiter sa capitale. Tunis est un beau mélange de tradition et de modernité.

Au coeur de la ville, sur l’avenue Habib Bourguiba, des gens en tenues de travail se pressent. Tandis qu’à quelques mètres, les zouks sont eux aussi en pleine effervescence. Il faut réussir à faire le tri entre ce qui est Made in Tunisia et le reste. Une valeur sûre ? Le stand de makrouds par exemple !

Carthage
A quelques minutes de Tunis, vous ne devez pas manquer la visite de Carthage. Le lieu abrite des ruines de l’époque romaine, mais aussi des maisons de haut standing pour les plus fortunés.
Attention, si vous voulez effectuer une visite exhaustive du site archéologique de Carthage, il faut prévoir que les différents lieux ne sont pas à côté. Au vu du timing serré de notre journée, nous avons décidé de sélectionner le quartier punique de Byrsa et les thermes d’Anthonin. Ces derniers n’ont d’ailleurs rien à envier au plus beau décor de film antique.

Sidi Bou Saïd
La dernier arrêt de notre séjour sera le village blanc et bleu, et il n’y aurait pas eu meilleur moyen pour finir en Beauté. Personne ne tarit d’éloges sur cette ville aux allures d’île grecque, et pour cause.
Tout d’abord, nous commençons par le Musée Dar el-Annabi qui consiste à découvrir une maison typique et d’époque, qui est encore habitée aujourd’hui.

Après notre visite, nous nous enfonçons dans les ruelles. A la recherche des portes jaunes, qui contrastent avec les bleues habituelles. Elles sont le privilège des familles pionnières de la ville, et se comptent sur les doigts de la main.

Comme beaucoup nous l’avaient déconseillé, nous n’avons pas pris de collation au Café Sidi Chebaane (le fameux café des Délices de la chanson). Mais il aurait vraiment été dommage de passer à côté du point de vue depuis ce lieu.

Néanmoins, nous avons tout de même calmé notre faim. Nous avons dégusté un délicieux Bambalouni (beignet tunisien) à emporter. Et comme ça tous nos sens étaient comblés.
Laisser un commentaire